Merci à Xavier Broise de la marque Avel&Men d’avoir répondu à nos questions!

  • Pourriez vous vous présenter? Qui est derrière ce projet? Etes vous seule ou avez vous une équipe? Aviez vous travaillé dans l’industrie de la mode avant de vous lancer? 

Xavier Broise, je suis le cofondateur d’Avel & Men. Je mène ce projet avec ma sœur et associée, Agnès Broise. Nous travaillons tous les deux et avons un petite équipe composée d’un stagiaire et d’intervenants extérieurs (graphiste, développement web, etc..). . je n’avais jamais travaillé dans le monde de la mode auparavant ; Agnès quant à elle a fait des études de design d’intérieur et connaissait donc le milieu du design, de la décoration et de la mode.

  • Qu’est ce qui vous a poussé à vous lancer dans ce projet? Et pourquoi une marque d’accessoires?

J’aime les objets et quand j’ai fini mes études et que j’ai commencé à travailler, je me suis vite rendu compte qu’avec les dress codes classiques du travail, l’homme n’avait pas grande latitude pour se faire plaisir dans sa tenue et ses accessoires. La montre fait partie de ses rares objets et cela explique bien sur le succès du luxe horloger ainsi que le nouvel engouement pour les montres vintages : on peut porter un objet technique / mécanique, qui évoque un univers (les montres de plongée, d’aviateur, les chronos de régate…), et qui parfois ont une longue histoire et portent les traces du temps dans le cas des montres anciennes… Nous avons observé ce modèle et souhaité l’appliquer à notre marque de maroquinerie : notre cible peut s’offrir l’accessoires choc, qui évoque la mer,  le nautisme et sa technicité grâce aux alliances de matériaux.

  • Quelles sont vos sources d’inspiration?

La mer, le nautisme, les paysages bretons ! Comme je l’évoquais plus haut, nous souhaitons proposer une gamme citadine qui rappelle la mer et le nautisme de façon subtile. Le travail sur l’alliance des matériaux et sur la doublure a donc été important. Le cuir, le carbone, le dyneema sont des matériaux nobles et notre pièce maitresse, le sac à dos Quiberon, les rassemble. Pour donner une note plus technique à notre source d’inspiration, je voudrais évoquer les bateaux de type Half Tonner : ces voiliers de régate des années 70 / 80 sont parfois remise à neuf par des régatiers amoureux de leurs lignes. Le résultat est bien souvent magnifique : un design très classique et caractéristique de cette époque, avec bien souvent la présence de bois dans la construction ; mais les compétiteurs acharnés les équipent également d’un accastillage de dernière génération avec des voiles modernes. Cette alliance des matériaux est une vraie source d’inspiration pour nous.

  • A-t-il été aisé de trouver le nom de votre marque? 

En tant que régatier, j’aime dire que je suis davantage passionné par le vent que par la mer. Pour gagner une régate, il faut entre autres comprendre le vent et l’utiliser au mieux en réglant de façon optimale les voiles. Et puis le vent peut offrir aux paysages des styles et des ambiances bien différentes ; un soir d’été pétoleux (la pétole est l’expression pour dire qu’il n’y a pas de vent chez les voileux) en Bretagne, les gens font du paddle sur une mer d’huile, on entend les gens rire sur les plages. En pleine tempête d’hiver, ce sont les bruits des violents vagues qui sont les plus impressionnants, les marins restent au port en espérant que l’amarrage de leur bateau résistera. En régate aussi le force du vent change complètement l’ambiance : dans le petit temps, il ne faut pas bouger pour éviter les vibrations dans la coque et le greement, les équipages parlent souvent doucement comme pour ne pas perturber la brise légère et on entend le cliquetis des winchs. Dans la forte brise, c’est la guerre : on doit parler très fort pour se faire entendre, les déplacements sur le bateaux sont difficiles et l’équipage est vigilant pour ne pas coucher le bateau !

Alors, vous l’aurez compris, le vent a une grande importance chez les régatiers… et le terme Avel, en breton, nous plaisait beaucoup. L’idée du men, la roche, la virilité était très complémentaire. Un membre de notre famille avait fait une première alliance avec ces deux mots, mais c’est une amie proche qui lança cette idée par SMS : nous étions conquis et il a été adopté !

  • Pourquoi maintenir une production française? 

Tout d’abord car nous avons en France des ateliers avec un très bon savoir-faire dans le cuir. Ensuite car nous avons besoin de rapidité et de flexibilité pour lancer de nouveaux prototypes et adapter notre gamme, et cela est plus facile quand on peut échanger régulièrement avec l’artisan. Enfin, on considère souvent que ce n’est pas une chose facile à cause des coûts de production, mais je suis persuadé qu’en étant créatif on peut trouver des solutions / techniques de construction pour réduire les coûts de main d’œuvre.

  • En tant que jeune marque, cela a t il été dur de convaincre vos partenaires de travailler avec vous?

Non je crois que les partenaires apprécient le fait que des jeunes se lancent dans entrepreneuriat. De plus, la Bretagne a un sacré capital sympathie alors quand on explique le concept de notre marque, nous recevons souvent un bon accueil !

  • Qu’est ce qui distingue et caractérise les produits Avel & Men?

Chaque nom de produit Avel & Men porte le nom d’un plan d’eau sur lequel j’ai eu l’occasion de naviguer. Les produits Avel & Men évoquent la Bretagne et le nautisme, sans tomber dans les « clichés bord de mer » et en ne faisant aucune concession sur la qualité. Nos produits sont faits pour durer !

  • Est ce votre première entreprise?

Oui pour ma part, Agnès en revanche avait déjà l’expérience de entrepreneuriat.

  • Pensez vous qu’il est facile d’être entrepreneur en France?

Pour le moment, la création d’entreprise fut aisée et les relations avec les administrations sont excellentes. Les choses se compliquent peut être lorsqu’on devient une plus grande structure. Ce n’est pas pour tout de suite, et quand cela viendra, ça sera un « bon problème » !

  • Aimeriez vous étendre votre gamme ou souhaitez vous vous en tenir aux accessoires?

Il y a plusieurs axes possibles de développement pour Avel & Men, mais pour les 2 / 3 prochaines années, nous avons encore clairement beaucoup à faire avec la maroquinerie et les accessoires. En ce moment nous développons notre gamme suite à nos premiers retours d’expérience, c’est une période très excitante. Comme en régate, on travaille dur pour trouver les bons réglages et faire avancer au mieux le bateau ; j’ai cette même sensation avec l’entreprise.

  • Où rêveriez vous d’être dans 5 ans? Des flagship stores à NYC et dans le Marais? 🙂

Bon alors, si on parle de rêve : je rêve de faire 80% de notre CA à l’export ; d’avoir en effet nos boutiques en propre à Paris (plutôt dans le 6ème) et dans les grandes villes, et notamment celles qui sont aussi des lieux de régate célèbres (Sydney, San Fransisco, Copenhague…), d’être sponsor titre de quelques grosses épreuves de régates, et de devoir régater davantage pour trouver de nouveaux noms de produits pour les collections futurs !

  • Quelque chose à ajouter? Un conseil aux futurs entrepreneurs?

Oh là non, nous sommes bien trop jeunes pour donner des conseils !

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