Interview: Avel&Men, la marque bretonne

Merci à Xavier Broise de la marque Avel&Men d’avoir répondu à nos questions!

  • Pourriez vous vous présenter? Qui est derrière ce projet? Etes vous seule ou avez vous une équipe? Aviez vous travaillé dans l’industrie de la mode avant de vous lancer? 

Xavier Broise, je suis le cofondateur d’Avel & Men. Je mène ce projet avec ma sœur et associée, Agnès Broise. Nous travaillons tous les deux et avons un petite équipe composée d’un stagiaire et d’intervenants extérieurs (graphiste, développement web, etc..). . je n’avais jamais travaillé dans le monde de la mode auparavant ; Agnès quant à elle a fait des études de design d’intérieur et connaissait donc le milieu du design, de la décoration et de la mode.

  • Qu’est ce qui vous a poussé à vous lancer dans ce projet? Et pourquoi une marque d’accessoires?

J’aime les objets et quand j’ai fini mes études et que j’ai commencé à travailler, je me suis vite rendu compte qu’avec les dress codes classiques du travail, l’homme n’avait pas grande latitude pour se faire plaisir dans sa tenue et ses accessoires. La montre fait partie de ses rares objets et cela explique bien sur le succès du luxe horloger ainsi que le nouvel engouement pour les montres vintages : on peut porter un objet technique / mécanique, qui évoque un univers (les montres de plongée, d’aviateur, les chronos de régate…), et qui parfois ont une longue histoire et portent les traces du temps dans le cas des montres anciennes… Nous avons observé ce modèle et souhaité l’appliquer à notre marque de maroquinerie : notre cible peut s’offrir l’accessoires choc, qui évoque la mer,  le nautisme et sa technicité grâce aux alliances de matériaux.

  • Quelles sont vos sources d’inspiration?

La mer, le nautisme, les paysages bretons ! Comme je l’évoquais plus haut, nous souhaitons proposer une gamme citadine qui rappelle la mer et le nautisme de façon subtile. Le travail sur l’alliance des matériaux et sur la doublure a donc été important. Le cuir, le carbone, le dyneema sont des matériaux nobles et notre pièce maitresse, le sac à dos Quiberon, les rassemble. Pour donner une note plus technique à notre source d’inspiration, je voudrais évoquer les bateaux de type Half Tonner : ces voiliers de régate des années 70 / 80 sont parfois remise à neuf par des régatiers amoureux de leurs lignes. Le résultat est bien souvent magnifique : un design très classique et caractéristique de cette époque, avec bien souvent la présence de bois dans la construction ; mais les compétiteurs acharnés les équipent également d’un accastillage de dernière génération avec des voiles modernes. Cette alliance des matériaux est une vraie source d’inspiration pour nous.

  • A-t-il été aisé de trouver le nom de votre marque? 

En tant que régatier, j’aime dire que je suis davantage passionné par le vent que par la mer. Pour gagner une régate, il faut entre autres comprendre le vent et l’utiliser au mieux en réglant de façon optimale les voiles. Et puis le vent peut offrir aux paysages des styles et des ambiances bien différentes ; un soir d’été pétoleux (la pétole est l’expression pour dire qu’il n’y a pas de vent chez les voileux) en Bretagne, les gens font du paddle sur une mer d’huile, on entend les gens rire sur les plages. En pleine tempête d’hiver, ce sont les bruits des violents vagues qui sont les plus impressionnants, les marins restent au port en espérant que l’amarrage de leur bateau résistera. En régate aussi le force du vent change complètement l’ambiance : dans le petit temps, il ne faut pas bouger pour éviter les vibrations dans la coque et le greement, les équipages parlent souvent doucement comme pour ne pas perturber la brise légère et on entend le cliquetis des winchs. Dans la forte brise, c’est la guerre : on doit parler très fort pour se faire entendre, les déplacements sur le bateaux sont difficiles et l’équipage est vigilant pour ne pas coucher le bateau !

Alors, vous l’aurez compris, le vent a une grande importance chez les régatiers… et le terme Avel, en breton, nous plaisait beaucoup. L’idée du men, la roche, la virilité était très complémentaire. Un membre de notre famille avait fait une première alliance avec ces deux mots, mais c’est une amie proche qui lança cette idée par SMS : nous étions conquis et il a été adopté !

  • Pourquoi maintenir une production française? 

Tout d’abord car nous avons en France des ateliers avec un très bon savoir-faire dans le cuir. Ensuite car nous avons besoin de rapidité et de flexibilité pour lancer de nouveaux prototypes et adapter notre gamme, et cela est plus facile quand on peut échanger régulièrement avec l’artisan. Enfin, on considère souvent que ce n’est pas une chose facile à cause des coûts de production, mais je suis persuadé qu’en étant créatif on peut trouver des solutions / techniques de construction pour réduire les coûts de main d’œuvre.

  • En tant que jeune marque, cela a t il été dur de convaincre vos partenaires de travailler avec vous?

Non je crois que les partenaires apprécient le fait que des jeunes se lancent dans entrepreneuriat. De plus, la Bretagne a un sacré capital sympathie alors quand on explique le concept de notre marque, nous recevons souvent un bon accueil !

  • Qu’est ce qui distingue et caractérise les produits Avel & Men?

Chaque nom de produit Avel & Men porte le nom d’un plan d’eau sur lequel j’ai eu l’occasion de naviguer. Les produits Avel & Men évoquent la Bretagne et le nautisme, sans tomber dans les « clichés bord de mer » et en ne faisant aucune concession sur la qualité. Nos produits sont faits pour durer !

  • Est ce votre première entreprise?

Oui pour ma part, Agnès en revanche avait déjà l’expérience de entrepreneuriat.

  • Pensez vous qu’il est facile d’être entrepreneur en France?

Pour le moment, la création d’entreprise fut aisée et les relations avec les administrations sont excellentes. Les choses se compliquent peut être lorsqu’on devient une plus grande structure. Ce n’est pas pour tout de suite, et quand cela viendra, ça sera un « bon problème » !

  • Aimeriez vous étendre votre gamme ou souhaitez vous vous en tenir aux accessoires?

Il y a plusieurs axes possibles de développement pour Avel & Men, mais pour les 2 / 3 prochaines années, nous avons encore clairement beaucoup à faire avec la maroquinerie et les accessoires. En ce moment nous développons notre gamme suite à nos premiers retours d’expérience, c’est une période très excitante. Comme en régate, on travaille dur pour trouver les bons réglages et faire avancer au mieux le bateau ; j’ai cette même sensation avec l’entreprise.

  • Où rêveriez vous d’être dans 5 ans? Des flagship stores à NYC et dans le Marais? 🙂

Bon alors, si on parle de rêve : je rêve de faire 80% de notre CA à l’export ; d’avoir en effet nos boutiques en propre à Paris (plutôt dans le 6ème) et dans les grandes villes, et notamment celles qui sont aussi des lieux de régate célèbres (Sydney, San Fransisco, Copenhague…), d’être sponsor titre de quelques grosses épreuves de régates, et de devoir régater davantage pour trouver de nouveaux noms de produits pour les collections futurs !

  • Quelque chose à ajouter? Un conseil aux futurs entrepreneurs?

Oh là non, nous sommes bien trop jeunes pour donner des conseils !

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Interview: Pallome, the boho chic brand made in Paris

Pallome

Merci à l’équipe de Pallome d’avoir accepté de répondre à nos questions!

Pourriez vous vous présenter? Qui est derrière ce projet? Etes vous seule ou avez vous une équipe? Aviez vous travaillé dans l’industrie de la mode avant de vous lancer?

Derrière ce nom il y a avant tout un couple, Loreleï & Marc-A, ensemble depuis 9 ans, nous avons depuis toutes ces années partagé le rêve commun de travailler ensemble ! C’est en apprenant que nous allions être parents que nous avons décidé de faire de ce rêve une réalité !!!

Loreleï a étudié à l’Istituto Marangoni au sein du campus parisien et a également fait une année intensive en marketing du luxe. Elle a notamment travaillé à New-York ainsi qu’à Montréal mais aussi à Paris dans la Haute couture & le prêt-à-porter.

Marc-Alexandre est avocat de formation (il a étudié à Paris) et a travaillé plusieurs années en Suisse. Cela fait maintenant 10 ans qu’il à son cabinet.

Nos corps de métiers sont très différents, et nous aimons beaucoup cette idée. Chacun apporte un regard nouveau & des réflexions originales !

Qu’est ce qui vous a poussé à vous lancer dans ce projet? Et pourquoi une marque de vêtements?

Loreleï a toujours rêvé de créer sa marque de vêtements ! Marc-Alexandre a été conquis par l’idée ! PALLOME est née …

Quelles sont vos sources d’inspiration?

Principalement la nature & les voyages ! Notre liberté est vitale et nous gardons toujours en tête ce besoin fondamental pour imaginer nos pièces !!

A-t-il été aisé de trouver le nom de votre marque? Pourquoi Pallome?

Oui car PALLOME est avant tout la compilation d’initiales de d’êtres chers. Ceux-ci nous ayant beaucoup soutenu, il nous a été plus que nécessaire qu’ils soient présents dans le nom de la marque.

Pourquoi maintenir une production française?

C’est dur mais nous essayons de maintenir cette belle idée … C’est la fierté & la nécessité de maintenir l’artisanat & l’industrie française. Nous sommes un pays incroyable avec des ressources exceptionnelles et d’innombrables talents que nous nous devons d’honorer !

En tant que jeune marque, cela a t il été dur de convaincre vos partenaires de travailler avec vous ? A-t-il été facile de produire à Paris?

Plus ou moins nous travaillons actuellement en collaboration avec des ateliers ESAT, ces ateliers aident les handicapés à se former pour un travail particulier (pour nous c’est la confection) il y a donc des “contraintes” à prendre en compte comme par exemple la complexité des vêtements qu’il faut éviter à tout prix !

Qu’est ce qui distingue et caractérise les produits Pallome?

PALLOME c’est LA marque boho chic ! Ni trop bohème ni trop chic ! nous sommes le combo parfait 🙂 De plus, tout est fait non pas en France mais à Paris … c’est quand même un plus non ? 😉

Comment avez vous pû financer votre projet?

Via des fonds perso + via une campagne ulule ! C’était clairement notre “challenge” … Si on arrivait à notre objectif de 100% (et nous en avons obtenu 150% !!!) cela signifiait que l’univers de PALLOME & sa démarche plaisait donc on pouvait se lancer véritablement dans cette incroyable aventure !!!

Cela a t il été aisé?

Rien n’est aisé ! Encore plus quand on créer son entreprise mais le jeu en vaut vraiment la chandelle 😉 

Pensez vous qu’il est facile d’être entrepreneur en France?

Non pas du tout ! C’est un véritable parcours du combattant semer d’embûches et d’obstacles … Mais on joue le jeu là aussi.

Aimeriez vous étendre votre gamme ou souhaitez vous vous en tenir aux vêtements femme?

Oui bien sur ! Nous aimerions tout d’abord élargir notre offre et pouvoir ainsi proposer plus de pièces dans différents tissus puis dans nos rêves les plus fou proposer des tenues complètes avec des accessoires tout en habillant les enfants & les babys 🙂

Où rêveriez vous d’être dans 5 ans? Des flagship stores à NYC et dans le Marais? 🙂

On aimerait avant tout devenir une référence sur le marché français puis européen ! Conquérir les states prend plus que cinq ans 😉 surtout qu’il y a de la compétition!

Quelque chose à ajouter? Un conseil aux futurs entrepreneurs ?

“Avance sur ta route car elle n’existe que par ta marche” Saint Éxupéry > Croyez en vous & n’abandonnez jamais … C’est la clé ! Si vous y croyez alors vous serez convaincant(e) !

Pallome

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Interview: Ikuko Takeda, Japanese style, French craftsmanship

Merci à Ikuko Takeda d’avoir répondu à nos questions. C’est le troisième volet de notre série “Meet the makers” qui part à la rencontre des créateurs et des entrepreneurs, français et étrangers. La dernière fois, nous présentions Alexandra et sa marque, Année.

Pourriez vous vous présenter? Qui est derrière ce projet? Etes vous seule ou avez vous une équipe? Aviez vous travaillé dans l’industrie de la mode avant de vous lancer?
Je suis Ikuko Takeda, comme le nom de la marque, styliste maroquinerie à la base. J’ai travaillé longtemps pour Agnès b. et puis d’autres marques, j’ai lancé ma marque en 2016. Je suis pour le moment seule pour developper cette marque mais j’ai vraiment de la chance d’avoir des amis photographe, retoucheur, mannequin qui m’ont beaucoup aidé pour le shooting, et des amis qui ont aidé pour le siteweb, la rédaction etc. Je rêve un jour d’avoir mon équipe!
Qu’est ce qui vous a poussé à vous lancer dans ce projet? Et pourquoi une marque d’accessoires? 
J’ai été toujours fasciné par les objets autour du corps, notamment le sac. C’est une chose en plus des vêtements, mais qui a une grande place pour exprimer, finir le style, j’aime bien ce côté “Accessoire important” Et je suis venue vivre en France pour lancer ma propre marque. 
 
Quelles sont vos sources d’inspiration? 
Création en papier, architectures, spectacle.. toutes les choses créees par la vision sur l’essentiel, sobre etc. 
 
Pourquoi maintenir une production française? 
Car j’habite en France. J’aime bien travailler avec des gens qui partagent le même moment, à même endroit. C’est comme le langage, la sensation change suivant l’époque mais aussi ce que l’on vit à tel endroit.
 
En tant que jeune marque, cela a t il été dur de convaincre vos partenaires de travailler avec vous? 
Oui. Au début. Mais après avoir rencontré les ateliers avec qui je travaille maintenant, ça se passe très bien.
 
Est il facile de produire en France? 
Il y a des difficultés surtout sur le coût. Mais j’apprécie beaucoup la qualité de travail artisanal aux ateliers de maroquinerie de luxe à Paris. Et avec la proximité, la conversation vivante et les échanges de sensation, il y a plus de bons cotés que de mauvais.
 
Qu’est ce qui distingue et caractérise les produits Ikuko Takeda? 
Les produits sont bien reflechis et bien fabriqués. Au niveau design, ce sont des objets entre design industriel et fashion. J’aime bien réfléchir à fond le design jusqu’à ce que ça devienne quelque chose essentiel et en même temps qui est dans la mode. C’est la réflexion sur le dosage de chacun de ces cotés qui me fascine. 
 
Et pour la fabrication, aujourd’hui bien fabriquer devient de plus en plus difficile pour l’industrie qui demande souvent moins cher. Mais en tant qu’une petite marque de luxe, je voudrais essayer de lutter contre ce courant pour la qualité de travail artisanal, en croyant qu’il y a des femmes qui en ont besoin !
 
Est ce votre première entreprise? 
Oui
 
Comment avez vous pû financer votre projet? Cela a t il été aisé? 
J’avais ma propre finance qui a servi de commencer la marque et de développer les premiers prototypes de mes produits. Ensuite j’ai lancé une campagne crowdfunding pour ma première production. Je compte faire la deuxième cette année.
Aimeriez vous étendre votre gamme ou souhaitez vous vous en tenir aux accessoires? 
J’aime bien aussi les bijoux, j’ai beaucoup travaillé pour la création de pièce métallique pour le sac et des accessoires comme porte-clé et charm. Un jour quand la marque sera bien développée, je voudrais bien faire une ligne de bijoux. 
 
Où rêveriez vous d’être dans 5 ans? Des flagship stores à NYC et dans le Marais? 🙂 
Je rêve d’avoir mes produits dans les jolis concept stores à Paris, Tokyo, NYC, Londres…. Et si je peux rêver encore plus loin, oui une petite boutique dans le marais, c’est super !
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Interview: Année, poetic scarves

année foulards

Very excited about publishing our second interview on Un Beau Travail!

Alexia Nokovitch was kind enough to answer our questions about her brand, Année, her creative process as well as what it’s like to be an entrepreneur in the fashion industry.

 

  • Pourriez vous vous présenter? Qui est derrière ce projet? Etes-vous seule ou avez vous une équipe? Aviez vous travaillé dans l’industrie de la mode avant de vous lancer? Who are are you? Who’s behind this project? Do you have a team? Have you ever worked in the fashion industry before?
 
Je m’appelle Alexia Nokovitch, j’ai 29 ans, presque 30 (!)Je suis diplômée en Stylisme-Modélisme (LISAA) et en Communication Visuelle (ECV) et ai fondé ANNEE en 2015 après avoir travaillé pendant deux ans pour une start-up de prêt-à-porter masculin. J’ai deux associés qui me conseillent au quotidien, et des équipes extérieures à la société (usines, ateliers de confection, agents) qui travaillent avec moi depuis deux ans
My name is Alexia Nokovitch, I’m 29, almost 30(!).  I graduated from LISAA fashion school in Paris and from ECV in visual communication and I started ANNEE in 2015 after working for a menswear startup for a couple years. I have two partners who advise me daily, and I work with people outside of the company (factories, workshops, agents etc.)
 
  • Qu’est ce qui vous a poussé à vous lancer dans ce projet? Et pourquoi une marque de foulards? Why did you start this project? Why scarves?
 
Un cocktail de beaucoup de choses. D’abord, le besoin de créer et l’envie d’être libre. C’est un peu mon équation du bonheur, car l’un ne va pas sans l’autre : je suis incapable de créer si je ne me sens pas libre, et je ne me sens pas libre si je ne peux pas créer. Créer ma marque c’était aussi créer ma propre entreprise, et donc, mon rythme à moi, soutenu et efficace, mais aussi rapide et lent, parsemé de challenges, de paris, de risques, de petites victoires quotidiennes. Ensuite, j’avais envie de raconter une histoire. Dans notre monde, je trouve que c’est important qu’il y ait encore de belles histoires à raconter ou à écouter. A travers ANNEE, je ne voulais pas juste créer un produit, je voulais raconter une histoire où le Temps défile… en dessins. Un peu comme un livre d’images où le foulard est une page de cette histoire.  A mix of many things. First of all, the need to create and be free. That’s where my happiness lies, one doesn’t go without the other: I can’t create if I’m not free and if I don’t feel free I can’t create. Creating my brand but also my company, and therefore my own rythm, steady and efficient, but also, slower, full of challenges, bets, risks and small victories. Second of all, I wanted to tell a story. In our world, I think it’s important that there are still stories to tell or listen to. Through Année, I wanted to create a product, but also a story where times flies…as drawings. A bit like a picture book where a scarf would be a page of a story.
 
  • Quelles sont vos sources d’inspiration? Where do you get your inspiration from?
Je m’inspire de tout sauf de la mode, pour préserver une certaine singularité. L’Art reste ma principale source d’inspiration, avec l’architecture et la nature. Et mes voyages. I get inspiration from everything but fashion, I want to ensure my design remain a bit singular. Art is my main source of inspiration, with architecture and nature. And my travels, also.
 
  • A-t-il été aisé de trouver le nom de votre marque? Pourquoi Année? What is hard to find the name of your brand? Why Année (year in French)?
Assez en fait. Je ne voulais pas créer une marque éponyme à cause de mon nom famille qui est Russe. Je suis complètement Française et ne parle pas un mot de Russe ! La confusion aurait été énorme. Et puis je ne tiens pas particulièrement à être mise en avant. Derrière un nom, il y a une personne, derrière un mot, il peut y avoir tout un monde. J’ai fait plusieurs brainstormings autour de ce que j’aimais, et de qui m’intéressait. Omniprésent, le Temps s’est détaché de la liste, comme une obsession. ANNEE c’est donc la mesure abstraite du Temps, et moi cachée derrière : Alexia Nokovitch Née
Quite hard actually. I didn’t want to create an eponymous brand because my last name is Russian. I’m completely French and I do not speak a word of Russian. The confusion would have been huge. And I also don’t really want to be under the spotlight. Behind a name, there’s a person, and behind a word, there can be an entire world. I did several brainstorming sessions around what I liked and what I was interested in. Ever-present was the idea of time, it stood out like an obsession. ANNEE is the abstract measure of time, and hidden behind it is me: Alexia Nokovitch Née (born)
  • Pourquoi maintenir une production française? Why maintain your production in France?
C’est à la fois par fierté et désir d’engagement, et à la fois par esprit de contradiction. J’adore prouver tous les jours de ma vie, que notre génération n’est pas une génération française désabusée et désintéressée par le sens de « l’intérêt général », et que nous portons avec nous une vision du futur de la France très éloignée de tous les clichés qu’on nous colle. Je suis fière de produire mes produits en France. Derrière un foulard ANNEE, et c’est ce qui est beau, il y a presque 10 personnes qui ont contribué à sa fabrication. Car il n’y a pas que moi et mes dessins ! Il y a les directeurs commerciaux de mes usines et ateliers, les coloristes, les ingénieurs textiles, les techniciens, les confectionneurs, les petites mains qui emballent et celles qui expédient. Alors avec ANNEE je ne contribue peut-être pas encore au développement de la France, mais je contribue au moins un tout petit peu au maintien de ses savoir-faire. Out of pride mostly, and I love to prove everyday that my generation is not disconnected from the “common good”, and that our vision of France’s future is far away from all the clichés. I’m proud to produce my scarves in France. Behing every Année product, there are almost 10 people who participated in its creation. Because it’s not just me and my drawings, it’s also the factories and workshops, the textile engineers, the technicians, the manufacturers, the people who pack and ship the products. So with Année, I might not contribute to the development of France but I contribute at least a little to the survival of French craftsmanship.
 
  • En tant que jeune marque, cela a t il été dur de convaincre vos partenaires de travailler avec vous?  As a young brand, was it hard to convince your partners to work with you?
Oui, ça a souvent été dur, et cela arrivera surement encore.
 It was and it will still be the case.
  • Quel a été le plus gros obstacle à votre volonté de produire en France? What was the biggest obstacle when you decided to produce in France?
Au début de la création d’ANNEE, le refus des usines de travailler les petites séries. Quand on commence et que l’on a peu de financement, produire à une échelle industrielle est impossible. Peu d’usines sont enclines à vous aider à vos débuts. J’ai finalement rencontré des partenaires qui m’ont donné ma chance, mais cela n’a pas été facile.
At the beginning of Année, it was the fact that several factories refused to work with us. When you start and you have little means, it’s hard to produce on an industrial scale. Thankfully, I met partners who gave me a chance, but it was not easy.
  • Quel est votre plus grand succès? Et votre plus grand échec? What’s your biggest success? Your biggest failure?
Je ne sais pas vraiment. Mon plus grand succès c’est sûrement de continuer 🙂 I don’t really know. My biggest success is probably to be able to keep going 🙂
 
  • Qu’est ce qui distingue et caractérise les produits Année? What’s special about Année’s products?
Les foulards ANNEE se distinguent d’abord graphiquement. Les compositions sont asymétriques, souvent épurées, centrales, contrairement aux imprimés habituels dans l’univers du foulard. Ensuite, stylistiquement, les foulards ANNEE sont hybrides, versatiles. Avec des dimensionnels uniques, qui s’adaptent à vos coiffures, à votre taille ou à votre cou. Our scarves look very different. Compositions are asymetrical, pared down, central, unlike what you usually find in other scarf brands. We also use peculiar dimensions so that our scarves can be used in hairdos, around your waist or your neck.
  • Est ce votre première entreprise? Is it your first company?
Oui ! Yes!
  • Comment avez vous pû financer votre projet? Cela a t il été aisé? How did you fund you business? Was it easy?
Grace à mes associés qui ont investit dans la société pour que nous puissions démarrer. Thanks to my business partners who invested in the company so we could start.
 
  • Pensez vous qu’il est facile d’être entrepreneur en France? Do you think it’s easy to start a business in France?
Je pense que ça n’est pas facile d’être un entrepreneur en France mais aussi ailleurs. C’est le jeu. Mais il y a beaucoup de métiers qui ne sont pas faciles, nous n’avons pas le monopole ! It’s not easy, here or elsewhere, but that’s the name of game. There are a lot of jobs that are not easy, we do not have the monopoly!
 
  • Aimeriez vous étendre votre gamme ou souhaitez vous vous en tenir aux foulards? Would you like to expand your range or would you like to stick to scarves?
Oui, nous souhaitons étendre nos gammes ! Cela commencera dès septembre, avec la sortie de notre nouvelle collection ! We’re already expanding! It will start as soon as september, with our new collection!
  • Où rêveriez vous d’être dans 5 ans? Des flagship stores à NYC et dans le Marais? 🙂 Where would you love to be in  years? A flagship in NYC or in the Marais?
Dans 5 ans, j’aimerais avoir ouvert notre première boutique, effectivement le Marais serait un super emplacement, mais ça pourrait être aussi le 9ème. In 5 years, we would have our own store hopefully, the Marais would be great, but it could be the ninth.
 
  • Quelque chose à ajouter? Un conseil aux futurs entrepreneurs? Anything to add? A piece of advice for wannabe entrepreneurs?
Oui, un seul : Entreprenez ! 😉
Only one: go for it! 😉
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Interviewing: Anna & Laura, from SANDER VON RHEIN

Sander von rhein

Sander von rhein

Laura Keil and Anna Bermes of Sander von Rhein

The setting was your typical Parisian café and the time was well into the afternoon, but not late enough to escape the smoldering heat that fell over the city. I was right on time for our meeting (I live next door), but my guests were early.

Laura Keil and Anna Bermes are German, in their late twenties and are the founders of uber-cool leather goods brand, SANDER VON RHEIN. I can also confirm Germans did not steal their reputation in punctuality. They were gracious enough to give me an hour of their time, out of their busy schedule as we sat down at Marcel et Clémentine, a very cute café in my neighborhood.

Sander Von Rhein

02 Caro in Ruby

Originally from the opposite sides of Germany (Eastern and Western Germany), Laura and Anna met in college while studying fashion and then went on to work for Escada and Karl Lagerfeld, respectively. After failing to find a durable, good looking laptop bag, they decided to make one, which is usually how good ideas and businesses are born. By identifying a gap and filling it, which they are doing brilliantly.

Laptop bags are usually cheap, ugly looking and regular bags are not fit to carry your pricey laptop. Sander Von Rhein helps you solve this conendrum by offering durable, timeless, luxurious laptop bags and backpacks that will fit your needs. Anna and Laura understand balance and how it translates in their creations: luxurious yet understated, sturdy yet refined.

Think Samsonite meets Hermés.

Sander Von Rhein

04 Pixie in denim

They've been working on their brainchild for a full year now, quit their jobs and are now dedicated full time to the business. Relatives coworkers, and friends being equally supportive of their endeavour, they set their sight on Paris and are looking to move here for the foreseeable future. 

Now back to their wares. Everything is made in Portugal, which is renowned for the quality of its leatherwork, with Italian and portugueuse leather. The craftsmanship behind their collections reminds me of Lotuff, which I talked about in an old article.

You can find them on their online store and at popup stores throughout Europe such as Kodd Korner and MUDAM in Luxemburg (this weekend!)

 

 

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